Le stade Air Metropolitano de Riyad a été témoin de l’une des nuits les plus amères de l’histoire récente du FC Barcelone. L’Atlético de Madrid a écrasé les Blaugranas par un retentissant 4-0 lors du match aller des demi-finales de la Copa del Rey, laissant l’équipe de Hansi Flick au bord de l’élimination avant même de disputer le match retour au Camp Nou.
Mais ce qui a véritablement enflammé le monde culé, ce n’est pas seulement la victoire historique, mais aussi la performance de l’arbitre Juan Martínez Munuera, dont les décisions ont déclenché une tempête de critiques, d’indignation et maintenant, une crise arbitrale sans précédent.

Le match a commencé avec un Barcelone méconnaissable. A peine sept minutes s’étaient écoulées que l’Atlético frappait déjà le premier avec un but qui révélait toutes les fragilités défensives des culés. En première mi-temps, les Colchoneros ont marqué quatre buts : un début dévastateur qui comprenait des erreurs dans la sortie du ballon, un manque de concentration et une supériorité écrasante de l’équipe de Diego Simeone. L’avance 4-0 à la mi-temps a été un coup dur dont peu d’équipes se remettent. Pourtant, en seconde période, le Barça a tenté de réagir.
Pau Cubarsí a marqué un but qui a momentanément excité les Blaugranas, mais après un examen VAR de plus de six minutes – en raison d’une défaillance technique du système de hors-jeu semi-automatique – Martínez Munuera l’a annulé. Cette décision est devenue l’épicentre de la controverse.

Après le match, l’arbitre valencien, connu pour sa carrière controversée dans les matches à haute tension, a pris une mesure inhabituelle : il a publié un communiqué officiel demandant des excuses publiques aux supporters du FC Barcelone. “J’ai soigneusement examiné les images du match et j’avoue que certaines appréciations n’étaient pas correctes. Je suis profondément désolé pour l’impact qu’elles ont pu avoir sur le déroulement du match et sur la perception des supporters.
L’arbitrage doit être impeccable et à cette occasion il ne l’a pas été à certains moments”, a déclaré Munuera dans un texte envoyé aux médias et au Comité Technique des Arbitres (CTA).

Les propos de l’arbitre, loin d’éteindre l’incendie, l’ont encore alimenté. Sur les réseaux sociaux, l’indignation des culés s’est multipliée de façon exponentielle. Des milliers de messages avec des hashtags tels que #ArbitrabajoRobo, #MunueraDimision et #LaportaActua ont inondé les plateformes, accusant l’arbitre de partialité et exigeant des sanctions immédiates. “Les excuses ne servent à rien quand la cravate nous a déjà été volée”, a écrit un fan sur X, résumant le sentiment général. D’autres ont rappelé les précédents controversés de Munuera dans les duels avec le Barça, même si curieusement c’était son premier Atlético-Barça en Première ou en Coupe depuis plus d’une décennie.

Au sein du club, la réaction a été immédiate et énergique. Joan Laporta, président des Blaugrana, n’a pas tardé à agir. Selon des sources proches du club, le haut dirigeant a déposé une plainte officielle auprès de la Fédération royale espagnole de football (RFEF) et du Comité de compétition, demandant non seulement un examen exhaustif de l’ensemble de la performance de Martínez Munuera, mais aussi l’ouverture d’une enquête approfondie sur les décisions arbitrales qui, selon le Barça, ont directement influencé le résultat. Les points clés de la plainte comprennent :
L’annulation du but de Pau Cubarsí après un examen sans fin et en raison d’une défaillance du système semi-automatique, ce qui est décrit comme « inhabituel et inacceptable » par des experts comme Rubén Martín. La non-expulsion précoce de Giuliano Simeone pour une faute grave sur Alejandro Balde dans les premières minutes, que Hansi Flick a durement critiquée en fin de match. Le jaune (au lieu du rouge) à Eric García pour un plaquage en tant que dernier homme sur Baena, une décision que le VAR a revue mais maintenue, même si des analystes comme Iturralde González ont considéré qu’elle pouvait être interprétée comme une expulsion.
D’autres actions mineures qui, accumulées, ont généré un sentiment de manque de protection arbitrale pour Barcelone.
L’entraîneur allemand, visiblement frustré, a évité d’entrer dans des confrontations directes après le coup de sifflet final, mais ses propos ont été clairs : “Il y a des décisions qui marquent les matchs et aujourd’hui elles ne nous ont pas favorisés.” Des joueurs comme Frenkie de Jong ont été plus explicites : “Ils nous ont dit que le système semi-automatique était tombé en panne. C’est scandaleux qu’un but soit décidé ainsi après autant de minutes.” Pau Cubarsí, le jeune auteur du but refusé, a été dévasté en zone mixte : “Nous avons fait ce que nous avons pu, mais il y a des choses qui ne dépendent pas de nous.”
La victoire de l’Atlético, indiscutable sur le plan footballistique – avec une première mi-temps parfaite des rouges et blancs et une seconde mi-temps de totale maîtrise – est désormais éclipsée par cette crise arbitrale. Le score de 4-0 oblige le Barça à faire un retour épique au match retour, mais l’attention des médias se porte sur l’arbitrage. Le CTA, pour sa part, a annoncé un examen interne urgent de ce qui s’est passé, tandis que la RFEF évalue la plainte de Laporta.
Y aura-t-il des conséquences pour Munuera ? Une enquête formelle sera-t-elle ouverte ? Est-ce qu’un aspect du match pourrait même être répété ? Les réponses arriveront dans les prochains jours, mais une chose est sûre : la plaie ouverte des supporters barcelonais mettra du temps à se refermer.
Pendant ce temps, les fans de culé réclament justice. Les excuses de l’arbitre sont arrivées tardivement et, pour beaucoup, vides de sens. Le mal est déjà fait : une élimination qui semble presque inévitable et un sentiment d’injustice qui va perdurer. Le football espagnol, une fois de plus, est secoué par l’ombre de l’arbitrage. Et au centre de la tempête, Joan Laporta promet de ne pas baisser les bras dans son combat pour « nettoyer » le football. Le prochain chapitre s’écrira au Camp Nou… et dans les bureaux.